Squashlibre

C’est beaucoup trop confus – même pour les pros !

Par CHRIS SARGENT – Squash Mad, Traduction Fred Cadeau

D’accord, je sais que ce sujet peut prêter à controverse. Mais je vais seulement clarifier certaines choses.

Les règles opaques sur les strokes et les lets manquent simplement de clarté et sont difficiles à appliquer. A en juger les derniers tournois professionnels et plus particulièrement les Jeux du Commonwealth de l’an dernier, les professionnels semblent être aussi déconcertés que nous le sommes.

Nous avons écrit un scenario qui est semblable à la terrible situation dans laquelle se trouve le football. En essayant de clarifier la règle du hors-jeu, ils l’ont désormais rendue si complexe que les zones grises font de l’ombre à l’objectif de cette règle.

Nous sommes conscients de la difficulté d’application des règles sur les lets et les strokes au cours de chaque compétition PSA. Un joueur demande un let, l’arbitre statue, le joueur fait appel et 30 secondes plus tard, la décision est confirmée ou infirmée.

Pendant tout ce temps, Joey Barrington et son consultant décrivent l’angoisse de l’arbitre vidéo. Est-ce qu’il/ils a/ont fait suffisamment d’efforts ? Est-ce que le joueur s’est dégagé ? Y avait-il un accès direct à la balle ? Auraient-ils pu jouer la balle quand même ?

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Quand bien même on a l’avantage du ralenti, les différents angles de vue, le résultat n’est pas toujours clair. Il est vrai que tout cela reste très divertissant pour les joueurs de squash comme nous mais cela reste complètement déconcertant pour quelqu’un qui ne connaît pas le sport.

Ce qui est également frappant c’est qu’ils ne font que très rarement référence aux textes du règlement mais plutôt à l’intention. Soyez-y attentifs la prochaine fois que vous regarderez SquashTV.

Mohamed ElShorbagy se fait presque arracher son maillot par Tarek Momen. Même quand la décision de l’arbitre vidéo est donnée, les nuances sont si insignifiantes que le résultat reste ouvert au débat. Cela déclenche de grands débats sur les points pour les joueurs de squash que nous sommes mais… Encore une fois, cela ressemble comme deux gouttes d’eau à la crise dans le football.

La VAR démontre clairement qu’il y a davantage de zones grises que de zones blanches et noires dans le sport. Essayer d’écrire sur ce qui amène finalement à un jugement reste futile. Par conséquent, je fais une simple suggestion. Nous devons accepter qu’une définition claire, facilement applicable et évidente du let ou du stroke n’existe pas. Il faut seulement l’admettre avec fair play.

Voilà, maintenant que les bases sont posées, discutons de ce que nous essayons de faire avec cette règle et trouver, pourquoi pas, une solution ? Donc, quel est l’objectif de la règle du let et du stroke ? Comme toutes les règles, l’objectif est celui d’assurer une certaine équité et un certain fair play.

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Cette règle détermine ce qui devrait se passer au niveau du score quand on a enlevé à un joueur une opportunité juste de jouer le coup qu’il voulait ET dont il prévoyait le résultat. Dans ce domaine, le squash est assez unique.

Nous jouons dans une boîte où l’espace est limité. Inévitablement, il y a parfois des problèmes de circulation et nous devons y réfléchir. Par comparaison avec le football à nouveau, notre dilemme concerne davantage les règles liées à une faute subie plutôt qu’au hors-jeu.

Notre let est comme un coup franc et un stroke ressemble davantage à un penalty. Donc nos règles font référence à la possibilité de jouer des coups gagnants (entre autres) mais qu’est-ce que cela veut bien dire ?

Puisque nous jouons dans une boîte, un coup gagnant dépend principalement de deux choses : – La position du joueur qui frappe la balle – La position relative où l’adversaire aurait DÛ être s’il s’était dégagé !

Cela veut-il dire que le joueur aurait dû être plus sur la gauche, plus sur la droite, plus en arrière ou vers l’avant ? Prétendre que c’est scientifique est futile.

J’ai donc une simple proposition. Les règles doivent refléter et accepter l’ambiguïté. Donnons simplement aux arbitres le cadre leur permettant d’exercer leur jugement de manière adéquate.

Je propose que les règles soient établies comme suit : S’il y a interférence juste avant ou pendant le tir ou si le frappeur a senti qu’il y avait un risque de toucher son adversaire avec soit la balle soit la raquette, le frappeur doit s’arrêter et demander un let. Simple pour le moment…

Suite à cette demande de let, l’arbitre doit juger de l’issue potentiel de ce tir (ou du risque de frapper l’adversaire).

Pour cela, il faut prendre en compte : – la position des deux joueurs – si le joueur était prêt et capable de jouer la balle – la position logique du joueur qui a créé l’interférence si l’interférence avait été évitée. – Les capacités des joueurs sur le court.

Si, selon l’avis de l’arbitre, l’interférence est jugée insuffisante pour désavantager le frappeur, un no let est accordé.

Si, selon l’avis de l’arbitre, le tir aurait été un coup gagnant, un stroke est accordé. Sinon, on accorde un let.

Si l’arbitre estime que le joueur a eu raison de s’arrêter à cause du risque de frapper son adversaire à ce moment-là, un let est accordé.

Evidemment, nous devons aussi empêcher les joueurs d’aller à la pêche au let et au stroke. Il convient simplement de se couvrir en statuant que si l’arbitre estime que le joueur essaie de gagner un avantage injuste en créant une interférence ou en ne montrant pas suffisamment d’efforts pour jouer la balle, un no let sera accordé.

En réalité, tout cela reflète simplement le cheminement de pensée de la plupart des arbitres. Mais cela prend en compte la réalité de notre sport. Nous savons que les règles autour des lets et des strokes viennent complexifier notre jeu.

Nous rencontrons tous des difficultés pour expliquer les règles à nos amis ou collègues. Comment le squash peut-il aspirer à devenir un sport populaire pour la télévision si la règle la plus importante est si difficile à comprendre ?

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