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PSA ANGERS – VICTOR CROUIN : « IL Y A EU UNE COMMUNION AVEC LE PUBLIC »

Victor Crouin vit un printemps de rêve. Quelques semaines après avoir inscrit son nom au palmarès du championnat d’Europe junior, le Varois est devenu à Angers le plus jeune joueur français à remporter un tournoi sur le circuit pro –

à 17 ans et 11 mois*. Il y ajouté la manière, dans une finale qui a fait chavirer le public du Squash du Lac du Maine. De bon augure alors que se profile l’objectif majeur de sa saison : devenir le premier joueur de son pays champion du monde junior, en Nouvelle-Zélande fin juillet.

Jérôme Elhaïk : Salut Victor. Pour commencer, un petit mot l’ambiance à Angers, j’imagine que c’est un sentiment particulier de gagner ton premier tournoi en France, devant ce public ?

Victor Crouin : J’avais gardé un très bon souvenir de ma venue l’année dernière, donc même s’il y avait d’autres tournois en même temps, j’ai privilégié Angers car c’est important de récompenser les promoteurs des tournois PSA en France : c’est comme ça qu’on en aura de plus en plus. J’avais en tête l’image d’un public toujours prêt à faire du bruit ! Alors oui, gagner mon premier tournoi en France rend la victoire encore plus particulière. C’est un peu comme si une équipe de foot était sacrée à domicile, il y a une communion avec le public. En tous les cas, c’est le sentiment que j’ai eu. Même si je ne connaissais pas tous les gens dans les gradins, parmi eux il y a des amis qui se sont déplacés pour me voir, et ça, ça n’a pas de prix. Quand tu es chez toi et que le public te soutient ça peut être une pression supplémentaire, mais d’autres fois ça permet de se surpasser et d’apprécier chaque seconde passée sur le court …

Public

Le nombreux public du Squash du Lac du Maine a pris fait et cause pour Victor Crouin

J.E. : Concernant le scénario de la finale, avais-tu déjà gagné un match – en tous les cas un aussi important – en sauvant une balle de match ?

V. C. : Ça m’était déjà arrivé, mais un aussi important je ne pense pas. En le revisionnant, surtout la balle de match, je me suis rendu compte que j’aurais pu perdre ce troisième jeu. Au début de l’échange, c’est lui qui contrôle le jeu et moi qui défends. Puis à ma première opportunité, je réalise cette volée de revers avec une longueur parfaite. Prendre ce jeu m’a complètement délivré, alors que mon adversaire ne trouvait plus de solutions.

 “Je me suis rendu compte que j’étais trop sévère avec moi-même.”

J.E. : Un petit mot sur Adam Murrills justement, est-ce que tu le connaissais ? C’est un joueur qui a eu de bons résultats récemment, donc j’imagine que le battre avec la manière constitue une victoire référence pour toi ?

V.C. : Je ne le connaissais que de nom, il est assez réputé dans le monde du squash pour son adresse avec sa raquette mais aussi avec ses pieds (voir l’interview d’Adam Murrills hier). Il a gagné trois tournois depuis janvier et est 85ème mondial, c’est un joueur qui à la fois a de l’expérience et est en pleine progression. J’ai essayé de prendre des notes après ma demi-finale et j’en ai discuté avec mon père qui avait également regardé la sienne. Effectivement, on peut la qualifier de victoire référence !

J.E. : On en avait discuté après ta victoire au championnat d’Europe junior, tu voulais te mettre moins de pression et prendre davantage de plaisir sur les tournois PSA. C’est une chose de le dire mais une autre de parvenir à le faire, donc concrètement en quoi consiste ce travail mental ? Et est-ce que ton titre européen t’a aidé dans ce sens ?

V.C. : Avant le championnat d’Europe, je me suis posé beaucoup de questions car je trouvais que je stagnais : est-ce que quelque chose avait changé dans mon entraînement au quotidien ? Dans mon jeu en général ? Dans ma manière d’aborder les compétitions (surtout les tournois PSA) ? Et grâce à mon entourage avec lequel j’ai beaucoup discuté, je me suis rapidement rendu compte que j’étais trop sévère avec moi-même … Je suis encore junior, et je dois aborder ces tournois comme un bonus et un biais d’acquérir de l’expérience pour le futur. Après mon titre européen, j’ai repris mes exercices de respiration et y ai rajouté de la méditation quotidienne, ce qui me permet d’arriver dans les tournois serein et confiant. C’est vrai aussi que cette victoire m’a procuré énormément de confiance. Depuis, j’ai trouvé le moyen de jouer davantage pour le plaisir, et les résultats ont suivi.

Joie

Toute la joie de Victor qui remporte à 17 ans son premier tournoi sur le circuit pro

J.E. : Tu enchaînes avec un tournoi en Pologne (où tu pourrais d’ailleurs retrouver Adam Murrills) : est-ce que tu rattrapes les cours pendant tes déplacements ? Est-ce difficile de se plonger dans les livres scolaires (NDLR : Victor passe le bac à la fin de l’année) quand on vit des émotions fortes sur le court ?

V.C. : En fait, les tournois PSA sont idéaux de ce point de vue : il n’y a qu’un match par jour, souvent l’après midi ou le soir. J’ai donc le temps de travailler et de rattraper mes cours avant d’aller sur le court. Je ne passe pas toute la journée à attendre sans rien faire, au contraire je peux me concentrer sur autre chose. C’est mon équilibre, et lorsque l’on gagne, tout va bien !

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