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LE SPECTACLE CONTINUE À ANGERS !


Quelques mois après le succès du match exhibition entre Nouran Gohar et Camille Serme, le Squash du Lac du Maine remet le couvert : le 31 mars prochain, il reçoit le prodige Égyptien Ali Farag, et le géant Australien Cameron Pilley et sa frappe surpuissante. Les murs vont trembler à Angers !

 

18 novembre. Quelques jours avant le championnat du monde par équipes féminin à Paris, le Squash du Lac du Maine à Angers accueille le temps d’un match exhibition deux des meilleures joueuses de la planète, Nouran Gohar et Camille Serme. « Les gens ont été enchantés, raconte Nicolas Barbeau, co-gérant du club et pierre angulaire du comité d’organisation. Autant par le niveau de jeu, que par la disponibilité des joueuses. Elles sont vraiment de magnifiques ambassadrices pour le squash ! Et je crois que les partenaires, notamment le sponsor principal Anjou Granit Import, ont apprécié la mise en valeur de leur entreprise et le professionnalisme de l’organisation. » En s’appuyant sur cette expérience réussie, l’association a décidé de continuer sur sa lancée, avec un match masculin le 31 mars. « C’est la suite logique, continue Barbeau. Sans faire injure aux femmes, on peut dire que le jeu masculin est plus rapide et plus spectaculaire. On cherche toujours à s’améliorer, et on va donc aussi essayer de faire encore mieux sur la mise en scène. »

Le comité d’organisation aux côtés de Nouran Gohar et Camille Serme

En termes de show, le public ne devrait pas être déçu : le choix du comité d’organisation s’est porté sur Ali Farag et Cameron Pilley (NDLR : qui ne se sont jamais affrontés). « Avoir un joueur Égyptien, c’est presque un obligation vu leur domination actuelle sur le squash et leur jeu spectaculaire. Farag est numéro 7 mondial, c’est un futur très grand qui peut postuler au titre de champion du monde dans un avenir proche. » En face de lui, il aura l’un des joueurs les plus expérimentes du circuit. Pilley fait partie du top 25 mondial depuis plus de 10 ans, et à 34 ans il a obtenu les meilleurs résultats de sa carrière dernièrement. « Je l’ai arbitré quelques fois, indique Barbeau. C’est un grand monsieur du squash, au comportement exemplaire sur et en dehors du court. » Le géant Australien (1m93) est également connu pour sa frappe surpuissante, qui a été chronométrée à 286 km/h. « C’est le recordman du monde en la matière, indique Vincent Feugereux, représentant de la marque Karakal en France et l’un des partenaires de l’évènement. Avec Nicolas, nous allons essayer d’installer un radar : il a déjà battu son propre record deux fois et ce serait sympa qu’il le fasse à nouveau en France ! Lui et notre marque ont une forte histoire commune, son père est le distributeur en Australie, et depuis quelques années Cameron a une raquette à son effigie (la T-120 FF). » Comme lors de l’exhibition féminine, les joueurs, partenaires et adhérents du club auront également l’occasion d’échanger lors de la soirée de gala. « Nouran parle couramment français ce qui avait rendu les choses plus faciles, confie Barbeau, mais il y a pas mal de gens au club qui parlent anglais donc ça ne devrait pas poser de problème. Et il y aura également une séance questions-réponses sur le court, comme on l’avait fait en novembre. »

 

Cameron Pilley détient le record du monde de la frappe la plus rapide (Crédit photo : www.squashmad.com)

La suite, Barbeau et son équipe y pensent déjà. « On est un petit groupe de personnes compétentes et motivées. Les matches exhibitions, c’est un créneau sympa et il n’y en a pas beaucoup en France. Ce qui est agréable, c’est que les joueurs et joueuses de squash sont des gens très humains et très abordables. Ils ne sont pas blasés et apprécient vraiment d’être mis en valeur. Concernant les prochains, on me demande parfois pourquoi j’organise des matches avec des joueurs étrangers, alors que le numéro 3 mondial est français. Donc j’ai dans un coin de ma tête de faire venir Grégory Gaultier et de lui opposer un Nick Matthew ou un James Willstrop par exemple. Je pense d’ailleurs que ce concept de ‘squash show’ pourrait être exportable dans d’autres structures. Mon équipe et moi-même, nous avons les contacts et l’expérience, donc j’en profite pour passer un appel aux autres clubs qui pourraient être intéressés. Ce genre d’évènement est une manière idéale d’offrir un beau cadeau à ses adhérents. »

 

Le prix des places est fixé à 20€ pour les adhérents du club et 40€ pour les « extérieurs ». Attention le nombre de place est limité. Pensez à réserver vos places en appelant le 06 38 80 03 79

 

ANJOU GRANIT IMPORT REPART POUR UN TOUR

Partenaire principal de l’exhibition Gohar-Serme, la société Anjou Granit Import et son cogérant Christophe Cheftel ont de nouveau fait confiance et Barbeau et son équipe. « Personnellement, je trouve que les dates sont peut-être un peu proches, mais je fais totalement confiance à Nicolas, » indique Cheftel, qui a été ravi de l’évènement du 18 novembre. « L’organisation était parfaite, rien à redire. Et même si pour l’entreprise les bénéfices sont difficilement mesurables, le côté relationnel avec les élus et des clients est toujours intéressant. Et nos employés qui y ont assisté étaient très contents ! Concernant le match, c’est intéressant de voir des matches féminins de ce niveau. De plus, les joueuses ont fait preuve d’une grande simplicité et sont très abordables. J’ai été impressionné par la maturité de Nouran Gohar, qui n’a même pas 20 ans. Mais c’est sûr que le squash masculin est plus rapide, comme c’est le cas pour le tennis, sport que j’ai pratiqué. Je dois dire que le squash est plus ludique, le tennis peut être frustrant lorsque l’on envoie les balles dans les bâches … Quand j’ai un emploi du temps chargé et que je joue le midi, ça me permet de me vider la tête et ça me booste pour le reste de la journée. »

Plus d’infos sur http://www.anjougranitimport.com/

Christophe Cheftel entouré de Nouran Gohar et Camille Serme

 

CINQ CHOSES À SAVOIR SUR … ALI FARAG

 

Il a eu une superbe carrière en junior avant de partir étudier à Harvard, puis il a débuté sa carrière de joueur professionnel après avoir obtenu son diplôme

 

« Initialement, je n’avais aucune intention de quitter l’Égypte. Alors que j’étais en Équateur pour le championnat du monde junior en juillet 2010, l’entraîneur adjoint d’Harvard m’envoyait des mails quasiment tous les jours, me demandant de rejoindre leur équipe. Mais j’étais très attaché à ma famille et mes amis au pays, et j’ai décliné l’offre. Six mois plus tard, j’ai remporté le British Junior Open en U19, prenant ma revanche sur Amr Khalifa qui m’avait battu en finale en Équateur. L’entraîneur d’Harvard, Mike Way, était à Sheffield et a rencontré mes parents, mais j’ai de nouveau refusé. Deux semaines plus tard, je disputais un tournoi à St Louis, et j’ai appelé mon père, lui demandant de me rejoindre aux États-Unis pour qu’on aille visiter l’université d’Harvard, ça n’engageait à rien. J’ai été très bien reçu par toute l’équipe et les entraîneurs, et même par le directeur des sports et le responsable des inscriptions, qui m’a fait passer un entretien. L’idée d’étudier à l’étranger a commencé à germer dans mon esprit, même si je préférais quand même rester en Égypte. Deux jours après notre retour à la maison, la révolution a éclaté le 25 janvier 2011. Dans ces conditions, mon père m’a dit qu’aller aux États-Unis et décrocher un diplôme reconnu était la meilleure solution. J’ai été admis à Harvard, et il s’avère que ça a été la meilleure décision de ma vie – et la plus importante – pour plein de raisons différentes. Principalement parce que j’y ai rencontré Mike Way., qui est depuis mon guide dans le squash et dans la vie, avec mon frère Wael.

 

Ali Farag lors de son titre de champion universitaire en 2012, à droite sur la photo son entraîneur Mike Way (Crédit photo : www.mtbello.com)

 

Je n’ai jamais pensé faire une carrière de joueur pro quand j’étais jeune, dans ma tête après les juniors c’était fini. Je raisonnais de manière rationnelle, à savoir que la priorité était d’obtenir un diplôme et de trouver un emploi sûr, afin de mener une vie tranquille et sans risques. Mais Mike, mon frère et Nour (mon épouse) ont tenté de changer ma vision des choses, et essayé de me convaincre de poursuivre mon rêve, c’est-à-dire passer pro après l’université. J’ai commencé à y penser mais je n’étais pas encore totalement convaincu. Je suis rentré en Égypte après avoir obtenu mon diplôme en mai 2014, et j’ai dû faire mon service militaire. On n’a pas le droit de travailler pendant cette période, alors je me suis dit pourquoi ne pas essayer de jouer sur le circuit. Et ça s’est très bien passé. Je suis passé de numéro 88 à 22 mondial en l’espace d’un an. Mais surtout, j’étais heureux. Heureux de parcourir la planète, aux côtés de la personne que j’aime le plus au monde, pour pratiquer un sport que j’adore depuis mon plus jeune âge. À la fin de l’année 2015, j’ai finalement décidé que c’est ce que je ferai pendant les 10-15 prochaines années de ma vie (si Dieu le veut). Ça fait donc seulement deux ans que je suis sur le circuit, et pendant cette période j’ai essayé de rattraper mon retard sur les joueurs qui le fréquentent depuis 10 ans. Mon objectif, c’est de de continuer à m’améliorer à chaque match, tournoi après tournoi, jusqu’à atteindre mon but ultime : être numéro 1 mondial. »

 

Ali Farag contre Mohamed El Shorbagy, numéro 1 mondial, une place qu’il rêve d’occuper (Crédit photo : www.squashsite.co.uk)

Il a disputé de très grands matches contre plusieurs joueurs français

« Je me rappelle de tous ces matches avec précision. J’ai battu Mathieu Castagnet en qualifications à El Gouna en 2010, c’est le match qui m’a permis d’intégrer le top 100 pour la première fois de ma carrière. Je me souviens également d’une défaite contre lui en qualification au ToC en 2013 alors que j’étais étudiant à Harvard. J’avais eu six balles de match au total dans les quatrième et cinquième jeux, et il avait plongé dans tous les sens pour les sauver. Comme d’habitude avec Mathieu, c’est un guerrier ! J’ai perdu contre Gaultier à San Francisco en 2015 après avoir mené 10/8 dans le cinquième jeu. Je n’avais jamais poussé un ‘top player’ dans ses retranchements avant ce match, donc ça m’a donné confiance en mes capacités à rivaliser avec eux. La veille, j’avais battu Grégoire Marche en finale des qualifications, alors que j’étais mené 2 jeux à 1.

Les matches entre Ali Farag et Mathieu Castagnet sont souvent très disputés (Crédit photo : www.squashmad.com)

J’ai également remporté mon tout premier titre sur le circuit pro à Nîmes en janvier 2011, donc la France me porte chance ! Avant cela j’avais été en vacances en France avec ma famille pendant l’été 2006, et j’avais adoré. Je suis allé dans une école française jusqu’en quatrième, et j’ai toujours aimé votre pays. D’ailleurs, la France est mon équipe de foot préférée. »

On pourrait le revoir en France fin 2017 …

 

Ali Farag aux côtés d’Amr Shabana (Crédit photo : www.squashsite.co.uk)

 

« Bien sûr que j’adorerais faire partie de la sélection égyptienne au championnat du monde par équipes à Marseille ! Je pense que représenter son pays est le plus grand honneur possible pour n’importe quel athlète. Notre entraîneur est Amr Shabana. C’est un personne très juste, avec une expérience énorme, et j’accepterai sa décision quelle qu’elle soit. Comme nous tous, il souhaite le meilleur pour notre pays. S’il estime que je suis le meilleur choix pour l’équipe, il me sélectionnera. Dans le cas contraire, il choisira un autre joueur, ce que je respecterai et comprendrai totalement. »

Sa femme (Nour El Tayeb) est l’une des meilleures joueuses au monde, avec laquelle il peut partager les hauts et les bas d’une carrière de joueur de squash professionnel

 

Ali et sa femme Nour El Tayeb (Crédit photo : wadideglaworldsquashchamps.com)

« Il faut le vivre pour comprendre à quel point c’est une chance incroyable. C’est la meilleure chose qui me soit jamais arrivée. C’est tellement difficile de trouver un entraîneur ou un conseiller qui comprend à la fois le jeu et votre personnalité. Il s’avère que Nour est cette personne. Je m’appuie sur elle dans absolument tous les aspects de ma vie, sur et hors du court. Et croyez-moi, c’est une personne unique ! »

Il vit et s’entraîne dans sa ville de naissance

 

Les partenaires d’entraînement ne manquent pas au Caire, ici Ali Farag avec Mazen Hesham et Mohamed Abouelghar (Crédit photo : www.psaworldtour.com)

 

« J’habite au Caire depuis que j’ai fini l’université, en mai 2014. L’Égypte est vraiment l’endroit idéal pour jouer au squash. Il y a tellement de joueurs avec lesquels vous pouvez vous entraîner au quotidien, et on habite tous dans un rayon de 30-40 kilomètres : Tarek Momen, Omar Mosaad, Abouelghar, Mazen (Hesham) etc. Vous voulez faire trois matches d’entraînement par semaine contre un joueur du top 50 différent pendant un mois ? C’est possible ! Mes entraîneurs sont mon frère aîné Wael, mon coach à Harvard Mike Way, ainsi que mon entraîneur privé Basem Makram. Je joue également avec Ahmed Hosni dans mon club Heliopolis, où je suis conseillé par notre entraîneur en chef Hatem Hassan. »

Bio – Ali Farag, 24 ans, n°7 mondial

 

Crédit photo : www.psaworldtour.com

 

 

9 titres sur le circuit professionnel dont le Motor City 2016 (70 000 $)

Quart de finaliste du championnat du Monde 2016

Champion universitaire des États-Unis par équipes en 2014

Champion universitaire des États-Unis en 2012 et 2014

Prix des fans ‘PSA Player of the Season’ 2015-2016

Prix ‘PSA Spirit of Squash’ 2015-2016

Champion du monde junior par équipes en 2010

Finaliste du championnat du monde junior en 2010

Vainqueur du British Junior Open U19 en 2011

 

CINQ CHOSES À SAVOIR SUR … CAMERON PILLEY

 

Il habite au Danemark, le pays de sa femme

« Je suis basé à Odense et j’aime vraiment la vie là-bas. Je m’entraîne avec quelques jeunes joueurs Danois, ainsi que le numéro 1 du pays Kristian Frost et ma femme Line Hansen (25ème joueuse mondiale). Je fais également des séances avec l’entraîneur national, David McAlpine. »

 

Cameron Pilley et sa femme Line Hansen (Crédit photo : www.dailyexaminer.com.au)

 

 

Il est le joueur vedette de la marque Karakal

« Je suis chez Karakal depuis dix ans, c’est quelque chose dont je suis assez fier. Ce sont des gens de confiance, très fiables, et c’est devenue l’une des plus grandes marques ces dernières années. Ils sont en permanence à la recherche de nouvelles idées et de vecteurs d’amélioration. »

 

Cameron Pilley représente la marque Karakal depuis 10 ans (Crédit photo : karakal.com)

 

 

Il fait partie du top 25 mondial depuis plus de 10 ans, période pendant laquelle il a affronté plusieurs légendes du squash

 « Je ne m’étais pas rendu compte que ça faisait si longtemps, mais oui j’en suis assez fier. C’est difficile de se maintenir au plus haut niveau, et je cherche en permanence à améliorer mon propre jeu. On ne cesse jamais d’apprendre, mais pour cela il est nécessaire de chercher et tester différents programmes et techniques d’entraînement, ce que je continue à faire même à 34 ans. Je n’ai pas été souvent blessé : il y a une part de hasard, mais pour optimiser ses chances d’y parvenir il faut prendre soin de son corps. Il est également important d’avoir une vie équilibrée.

 

Cameron Pilley estime que Ramy Ashour a révolutionné le squash (Crédit photo : i-love-squash.com)

 

Les joueurs que j’ai affrontés et qui m’ont vraiment impressionné sont Shabana, Power et Ramy (Ashour). Le squash a beaucoup changé, donc il faut savoir s’adapter et suivre le mouvement. Ramy a fait irruption sur le circuit, avec une façon de jouer au squash totalement nouvelle. Tous les autres joueurs ont dû chercher des moyens de le contrer, et de le battre. Sans aucun doute, il a amené le squash dans une nouvelle dimension. »

 

L’un des meilleurs souvenirs de sa carrière implique la France

 

La victoire de Cameron Pilley sur Thierry Lincou au championnat du monde par équipes en 2011 en Allemagne avait permis à l’Australie de décrocher la médaille de bronze (Crédit photo : worldsquash.org)

« La rencontre France – Australie au championnat du monde par équipes 2011 a été très spéciale pour moi. Je n’avais jamais battu Thierry Lincou auparavant, c’était une icône du squash, admiré de tous. Ma victoire contre lui dans le match décisif pour l’obtention de la médaille de bronze est l’une des plus belles de ma carrière. Nous autres Australiens, on est traditionnellement très fiers de représenter notre pays. On élève toujours notre niveau quand on porte le maillot de l’équipe nationale sur les épaules. On a hâte d’être en France pour l’édition de cette année, en décembre. »

Il joue pour Valenciennes en Interclubs depuis quelques années

 

Cameron Pilley avec son équipe de Valenciennes (Crédit photo : La Voix du Nord)

 

« C’est vraiment sympa de faire partie de cette équipe. Je connais Renan Lavigne depuis de nombreuses années. Nous avons été adversaires sur le circuit et on a eu quelques grosses batailles, et maintenant nous sommes équipiers. J’espère que l’équipe va se qualifier pour les playoffs, et pourquoi pas remporter le championnat ! »

Bio – Cameron Pilley, 34 ans, n°17 mondial

 

Crédit photo : squashsite

 

 

13 titres sur le circuit professionnel

Quart de finaliste du championnat du Monde 2014

Finaliste du Hong Kong Open 2015 et des World Series Finals 2016

Vice-champion du monde de double 2006

Champion d’Australie 2005

Vainqueur des Commonwealth Games en double en 2010 et 2014

Vice-champion du monde par équipes 2007

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