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Tribulations d’un arbitre au PSA de Toulouse 10 000$

On nous appelle parfois « les hommes de l’ombre ». Mais je n’ai pas toujours l’impression d’être dans l’ombre car, au vu de la tension de certaines confrontations, les situations où l’on doit intervenir pour régler des litiges entre les joueurs sont tellement nombreuses que l’on est amené, malgré nous, à faire partie du spectacle.

Ce serait tellement simple de n’avoir qu’à compter les points, qu’on pourrait dans ce cas se faire oublier. Mais l’arbitrage de haut niveau au squash est un art tellement subtil et difficile, que notre compétence à donner rapidement les bonnes décisions face à des joueurs pas toujours conciliants, nous propulse souvent sur le devant de la scène.

C’est amusant aussi de voir des personnes donneuses de leçons venir nous voir après les matchs pour nous donner des conseils sur les décisions, parfois nous critiquer sur notre manque de sévérité sur certaines actions, et étrangement ne jamais voir ces mêmes personnes sur une chaise d’arbitre…

Ce PSA de Toulouse n’a évidemment pas échappé à la règle avec un niveau de jeu si élevé que, comme le disait Jérome Helhaik, nous n’avons pas chômé. Pour preuve cette demi-finale entre Kristian Frost et Jan Van den Herrewegen qui aura duré presque 2 heures ! Deux heures où les contestations et discussions ont été nombreuses, et où le moindre décrochage de concentration pouvait avoir de fâcheuses conséquences sur l’issue du match. Arbitrer un match de squash peut parfois vous vider psychologiquement et physiquement mais au final, si les joueurs sortent du court en se serrant la main et en vous serrant la main, comme ils l’ont fait tout au long du tournoi, ça en vaut largement la peine. On a le sentiment du travail accompli et d’un spectacle à la hauteur de l’attente des organisateurs et des spectateurs.

Au final, ces quatre jours ont été une superbe expérience et je tenais à remercier mon collègue Laurent Combaluzier, qui a arbitré avec moi tout au long du tournoi. Laurent a compris « l’esprit du squash », c’est une qualité rare mais ô combien essentielle pour donner les bonnes décisions et tenir un match. Arbitrer avec un gars comme ça, c’est que du bonheur. Merci à lui pour ces moments d’échanges.

Merci aux organisateurs Pierre Augustin et Stéphane Robinaud pour leur confiance, et j’espère de tout coeur officier l’année prochaine sur la 2ème édition du PSA de Toulouse Blagnac.

Nicolas Barbeau

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1 Comment

  1. MAXIMUM 14 février 2017 at 17 h 37 min

    j’ai assisté au France dans la magnifique enceinte du 5R. Le niveau des matchs, très relevé, a été entaché par des contestations fondées ou non. plusieurs questions me sont venu à l’esprit:
    – pourquoi les joueurs s’entêtent a contester les décisions , sur l’ensemble des matchs que j’ai pu voir , pas une seule décision n’a été déjugée suite à une contestation…
    – pourquoi, comme dans les tournois régionaux , ces « élites » ne s’arbitrent pas entre elles puisque à longueur de match ils s’en prennent à ces arbitres qui n’ont pas « leurs » niveaux et par conséquent , incapable de prendre la bonne décision !
    – par ailleurs les arbitres , ne devraient ils pas, aprés ce genre de tournoi, passer une journée à visionner leurs matchs … une petite remise en question, me semblerait utile pour certain.
    cordialement

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