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Open international d’Angers / les favoris au rendez-vous, le public aussi

Le Squash du Lac du Maine accueillait du 31 mai au 4 juin l’Open International d’Angers. Cette troisième édition a une nouvelle fois été un franc succès, aussi bien sportif, populaire que médiatique. La hiérarchie a été respectée puisqu’on a retrouvé les deux favoris en finale, et c’est le mieux classé des deux, l’anglais Angus Gillams qui s’est imposé. Les français n’ont pas été en reste, mais ce sont deux joueurs que l’on n’attendait pas forcément qui se sont distingués, Vincent Droesbeke et surtout Fabien Verseille. Récit d’une folle semaine.

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On va commencer l’histoire par la fin. Après Eddie Charlton en 2014 et Piedro Schweertman l’an passé, c’est Angus Gillams qui a inscrit son nom au palmarès. Tête de série n°1 du tableau, le jeune anglais a fait respecter la hiérarchie tout au long de la semaine. Même s’il a lâché un jeu au cours de ses quatre matches, il n’a jamais véritablement tremblé, sauf peut-être en finale où l’espagnol Carlos Cornes avait pris le dessus en début de match. « Je suis très content de gagner ici, a déclaré Gillams dans son interview d’après match. C’est certainement l’un des mes tournois préférés, principalement en raison de la ferveur du public. J’ai joué une seule fois dans une telle ambiance auparavant, quand j’avais joué contre un entraîneur dans son propre club. Le public me huait à chaque fois que je perdais un point. Ici aussi, les gens manifestent leurs émotions en permanence, c’est super pour les joueurs. En ce qui concerne la finale, j’ai vraiment mal commencé. À 9-5 pour lui dans le deuxième jeu (il avait perdu le premier 11-9), je me suis dit ‘essaies juste de rentrer dans le match, dans un premier temps en ramenant le plus de balles possibles‘. Mais bizarrement, même à ce moment j’étais persuadé que j’allais gagner. Ensuite, il était de plus en plus fatigué au fil du match. Quand j’ai vu que les deux premiers jeux avaient duré longtemps, ça m’a donné confiance car je savais que sur la distance j’aurai le dessus. » D’un bout à l’autre du tournoi, Gillams aura imposé son style, pas forcément flamboyant, mais empreint de solidité et de régularité. « La dimension physique est évidemment la plus importante dans mon jeu. Si j’ai de bonnes longueurs et de bonnes largeurs de balle, mes adversaires ne peuvent pas faire grand chose. Plus les échanges durent, plus ça me convient … » Outre son physique, le natif de Doncaster s’appuie sur une confiance en lui inébranlable. « J’aime être tête de série n°1. J’adore cette pression et c’est dans ces situations, auxquelles je suis habitué depuis les catégories de jeunes, que je joue mon meilleur squash. » À 20 ans, c’est son quatrième titre sur le circuit PSA, mais Angus voit déjà beaucoup plus loin. « Mon objectif, il a toujours été le même, c’est d’être un jour numéro 1 mondial. Si vous ne croyez pas en vous, vous avez peu de chances d’y arriver. » En attendant, sa saison ne s’arrête pas là, puisque dans la foulée de sa victoire à Angers, l’anglais a pris le chemin de Nouvelle-Zélande, où il va disputer trois tournois au mois de juin. Les valises peut-être pleines de quelques pâtisseries locales, qu’il a dégustées toute la semaine. See you next year !

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LES TROIS POINTS DE NICOLAS BARBEAU

Directeur du tournoi, arbitre, préposé aux interviews d’après-match et même joueur puisqu’il a disputé le premier tour des qualifications, Nicolas Barbeau est une pièce essentielle du comité d’organisation. Trois points ont retenu son attention la semaine dernière à l’Open International d’Angers.

Mon coup de cœur : Fabien Verseille

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« Un mois avant le début du tournoi, Fabien m’avait demandé une place de local player dans les qualifications, et je lui avais dit OK mais que je voulais du spectacle. Ce à quoi il m’a répondu, « c’est dans le package … » Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne nous a pas déçus, avec son jeu porté vers l’attaque à tout va. Il nous a sorti deux matches fantastiques contre Benjamin Aubert et Carlos Cornes. Il a de plus bénéficié de conditions idéales, avec ces deux forfaits qui lui ont permis d’avoir des jours de récupération. Tu peux l’écrire, j’adore ce joueur ! C’est un personnage qui ne laisse pas indifférent. De par sa personnalité tout d’abord. Quand il râle sur l’arbitre, les spectateurs qui ne connaissent pas forcément les règles le huent, mais je crois qu’il aime ça … Mais aussi grâce à son jeu, qui est vraiment incroyable. » 

Retrouvez notre interview exclusive de Fabien Verseille dans la deuxième partie de ce compte-rendu demain.

Le joueur : Carlos Cornes Ribadas

 

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« Il avait déjà marqué les esprits l’an dernier, avec ce match fou contre Alex Garbi. Cette année, le public a encore pu apprécier la beauté de son jeu, tout en technique et fluidité. Mais en plus de ses qualités de joueur de squash, il est irréprochable hors du court. Dès qu’on le sollicite pour quelque chose, il répond présent avec le sourire. »

Réaction de Cornes après sa finale perdue : « Tout se passait bien au début, je contrôlais les échanges et je suivais mon plan de jeu à merveille. Puis à 1 jeu à 0 et 9-4, je ne sais pas ce qui s’est passé. J’ai tout de même eu une balle de jeu ensuite, que je n’ai pas réussi à convertir. Ça a été le tournant du match, ensuite il a pris de plus en plus confiance et a pris le dessus. Bravo à lui. L’ambiance était incroyable, et ça a été une super semaine, mais je suis évidemment déçu. La semaine prochaine, je dispute mon dernier tournoi de la saison à Madeira au Portugal, et ensuite deux playoffs : en France avec Valenciennes, puis en Espagne. »

Pour l’anecdote, Cornes pourrait retrouver Verseille aux playoffs de Nationale 1 lors de la demi-finale Valenciennes-Aix. En demi-finale à Angers, l’espagnol s’est imposé contre le français en 5 jeux après près d’une heure et trente minutes d’un affrontement acharné.

La communion entre les joueurs et le public

« C’est vraiment une des grosses satisfactions de cette troisième édition. L’an dernier, on avait opté pour le bonus hôtel (qui permet au club organisateur de baisser le prize money), mais cette fois-ci on a choisi de faire héberger la plupart des joueurs par des membres du club. Ils ont partagé leur quotidien, et du coup ça créé une vraie proximité, et les gens les ont encore plus encouragés pendant les matches. L’engouement populaire a également été très important. Il y avait environ 120 personnes lors de la finale, et je dirais qu’environ 300 des 800 adhérents sont passés au moins une fois pendant la semaine, ce qui est très bien.

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On a également bénéficié d’une excellente couverture médiatique, avec de très nombreux articles dans Ouest France et Le Courrier de l’Ouest, et des reportages télé sur France 3 Pays de Loire et TV Angers. C’est le résultat d’un gros travail en amont. Le maire n’a pas pu se déplacer, car il y avait un très gros évènement le weekend dernier, Tout Angers Bouge, auquel j’ai moi-même participé le dimanche. Mais le responsable des sports de la ville était présent. 

En ce qui concerne la prochaine édition, on y travaille déjà … On va sans doute rester sur un 5000 $. L’an dernier, on était passé à 10 000 $, mais au final ça fait juste 3 ou 4 gros matches de plus. Pour un public loisir, voir un joueur qui est 50 ou 100ème mondial, c’est tout aussi spectaculaire. Pour avoir une vraie plus-value en termes de niveau, il faut passer à 25 000 $, comme par exemple récemment au Jeu de Paume, où chaque match de qualifications aurait pu être une finale ici !

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Je vais conclure avec les habituels remerciements. Tout d’abord pour nos sponsors : le garage Deletre, APL, MAVI, Opticien Contemporain, POP, la Ville d’Angers, le Crédit Mutuel, le Snooker, Graines de Style, la Cave Saint-Aubin, Salming et Vetref. Ainsi nos que nos partenaires : la société ALIVE pour la sono du court central, les kinés et ostéos Marc Regnault et Helène Duval (pour s’être occupés des joueurs tout au long du tournoi), le Courrier de l’Ouest et Ouest France pour la couverture locale de l’évènement, le service communication de la F.F.Squash pour les articles et photos sur le site fédéral, Florent Brique pour ses photos exceptionnelles, Éric Ripulles pour le superbe trophée, et le Grenier à Pain pour le buffet le soir de la finale. Tous les membres de l’association : Éric Desgages, Hervé Bonnamour, Patrick Boisseau, Delphine Mardon, Patrice Rochard, Fanfan, Benoit Viel et Théo Ripulles. Mon associé depuis trois ans et passionné de squash depuis 30 ans, Philippe Pouffer. Et pour finir, toutes les familles qui ont hébergé les joueurs ainsi que le public angevin pour s’être déplacé en nombre toute la semaine. Et avoir ainsi contribué à cette ambiance folle sur certains matchs, que les joueurs adorent tant ! »

L’AVIS D’UN PASSIONNÉ : BENOIT VIEL

Adhérent du Squash du Lac du Maine et membre des équipes de l’association du Squash d’Angers, Benoit Viel est un vrai passionné, qui n’a pas loupé une miette du tournoi PSA disputé dans son club. « La première chose que je retiens, nous a-t-il confié, c’est qu’ils ne font pas le même sport que nous. En termes de physique, de précision des coups, d’intensité etc. C’est sûr que voir de tels joueurs c’est une source d’inspiration, il faut prendre de petites choses pour essayer de s’améliorer. En ce qui me concerne, j’étais déjà mordu bien avant ce tournoi, mais pour d’autres qui connaissent moins la discipline, ça peut être un déclic. En voyant des matches aussi spectaculaires, des gens peuvent se dire ‘moins aussi j’ai envie d’essayer’. »

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Preuve que l’aixois a vraiment laissé son empreinte la semaine dernière à Angers, c’est également Fabien Verseille qui a le plus impressionné Benoit : « Il m’a vraiment fait une grosse impression, j’ai adoré ! C’est sûr qu’il ne fait pas dans la demi-mesure, je pense que c’est quelqu’un qu’on aime ou qu’on n’aime pas. Mais franchement quel compétiteur, ce qu’il arrive à faire sur le court est incroyable et sa demi-finale contre Cornes était magnifique. » Un joueur qu’il a d’ailleurs hébergé cette semaine, ainsi que Yann Perrin, Christophe André et Baptiste Masotti. « C’était vraiment une très bonne idée, Ça permet d’échanger et de discuter avec eux, et on a d’autant plus envie de les encourager ensuite. Évidement que pour eux c’est un plus au niveau financier, mais je pense qu’ils apprécient vraiment cette proximité avec les gens du club. »

Retrouvez demain la deuxième partie de ce compte-rendu, avec un focus sur les deux joueurs français que l’on n’attendait pas à pareille fête : Vincent Droesbeke et Fabien Verseille.

Article de Jérôme Elhaïk

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