Squashlibre

DEBATS ET DES BAS ………

Après une longue, très longue attente, voilà Squashlibre qui renaît de ces cendres tel le phénix. Le poil à gratter du squash français va redevenir un lieu de débats ou les bas du squash français vont de nouveau faire réagir et ou les hauts du squash français seront également de retour.

Alors plutôt que de centrer cet article sur un seul sujet, pourquoi ne pas lancer plusieurs sujets, toujours polémiques mais jamais inutiles. Poser les bonnes questions, poser les bons diagnostics, échanger, avancer, s’enrichir des expériences des uns et des autres, bonnes ou mauvaises pour contribuer à sortir le squash français de l’ornière dans laquelle il se trouve, car malgré la bonne forme su squash de haut niveau, la base souffre et la classe moyenne du squash se meurt.

Des échanges vifs et alertes mais toujours respectueux devront trouver leur place sur le site pour avoir une légitimité. Une sorte de « think tank » du squash, un incubateur des idées innovantes pour aller de l’avant.

Charité bien ordonné commençant par soi-même, j’ai décidé d’évoquer le cas du squash à Avignon car il me semble que c’est un cas d’école, un vrai.

Je me suis battu des années pour essayer de faire vivre le squash de haut niveau dans cette ville du sud de la France, ma ville. Un tournoi doté de 5000 € en 2004 et qui à eu l’honneur de recevoir messieurs Lincou et Gautier, 2 champions du monde, 2 numéro 1 mondial. Peu peuvent en dire autant. Bref, pas de gloire particulière à en tirer cependant.

Pendant des années, j’ai couru après les quelques pratiquants de mon club hôte pour faire quelques licences. Une soixantaine pour environ 80 pratiquants. Plutôt pas mal par rapport à ceux qui licencient 300 joueurs sur 900 pratiquants. La structure de pratique est un club privé, multi activités où le squash n’est pas la principale source de recette du club. Les courts étaient là, ils y restent. Mais sûr que s’ils venaient à se dégrader, le choix serait sans doute rapide. Remplacer le squash par des activités plus rentables afin de payer les charges fixes. Pendant des années, il a fallu négocier avec ma ligue, avant de ferrailler avec Paris jusqu’à l’abandon devant tant d’incompréhension. Incompréhension car demander à quelqu’un de faire plus de licences que de pratiquants est absurde vous en conviendrez. Il aura fallu attendre plus de 10 ans pour qu’un représentant de ma ligue vienne sur place se rendre compte. Un soir de semaine, un jeudi, 17h à 19h. 4 courts de squash, tous vides jusqu’à ce que j’arrive avec mon partenaire pour jouer. Oui un club totalement vide de squasheurs. Pourtant environ 150 personnes étaient présentes. Fitness, musuculation, biking, aquabike, aquagym. Et personne sur les courts de squash. Et là je pose la question qui tue ? Comment puis-je faire des licences ? J’attends toujours la réponse. Alors de grâce, et je ne suis pas le seul dans ce cas, prenez ce que l’on vous donne. Croyez-bien que les propriétaires aimeraient bien voir leurs courts remplis. Alors que retenir de cela ? Quelle analyse en faire ?

1er constat. Les structures de pratique sont toutes différentes. On pourrait distinguer entre 8 et 10 modèles économiques de fonctionnement différents. Comment alors avec une telle hétérogénéité pouvoir prétendre que tout le monde puisse rentrer dans un seul modèle de convention partenaire délivrant l’agrément pour organiser des tournois qui manquent de plus en plus. Fût un temps où chaque week-end vous aviez le choix entre 2 ou 3 tournois. Aujourd’hui l’offre de chaque week-end se limite à 1 tournoi à des distances non prohibitives. Toujours sur le cas d’Avignon, beaucoup de joueurs regrettent nos tournois. Piscine, hammam, jaccuzi et sauna faisaient oublier le manque « d’esprit » squash du club. Le réconfort après l’effort. Au centre d’un triangle Nice Montpellier Lyon, les tournois drainaient 48 joueurs régulièrement. Cas peu fréquents par les temps qui courent.

Où en est-on aujourd’hui à Avignon ? Avignon et ses alentours (20 kilomètres maximum) compte aujourd’hui 7 structures de pratique du squash pour 20 courts (sauf erreur) et 21 licenciés.

Triste record. Exception unique en France à mon avis. Il y a plus de courts que de licenciés. 21 courts pour 180.000 habitants environ. Combien de courts à Lyon pour plus d’un million d’habitants ? Combien de courts à Marseille pour plus d’un million d’habitants ? Combien à Toulouse, à Montpellier, à Nice, à Bordeaux ? Oui, chaque endroit est particulier. La concurrence est féroce. Le turn-over des joueurs est important. 2 associations affiliées ? Aucun club associé ? Est-ce la faute de ceux qui sont affiliés si une telle concurrence existe et si les autres ne sont ni affiliés, ni associés ? Non, définitivement non. Alors messieurs de la fédération, écoutez la base. Ecoutez le terrain vous qui n’y êtes jamais. Ne croyez pas que nous sommes fainéants et incapables de faire des licences. Liberté, égalité, fraternité. Laissez la liberté à chacun de faire ce qu’il peut, favorisez les meilleurs mais ne tuez pas les autres, vous en avez besoin, le squash en a besoin. 50 ou 100 licences sont mieux que 8. A bon entendeur.

Le système de classement actuel semble convenir à la majorité mais il est tout de même effarant de voir que l’on a parfois intérêt à perdre un match plutôt qu’à le gagner. C’est le contraire de l’esprit de compétition, le contraire de l’essence même du sport ou normalement gagner fait progresser. En effet, certains ont déjà dû le vivre et vous devez même être nombreux. Vous avez fait des perfs, vous devriez progresser mais vous devez battre des joueurs juste moins bons que vous pour avancer et espérer de nouvelles perfs. Et hop, vous prenez vos propres points qui font baisser votre moyenne. Et hop vous auriez eu intérêt à ne pas venir (une des explications à mon sens de la baisse du nombre de joueurs dans les tournois). Alors, quitte à maintenir ce système qui n’est pas si mal, il faudrait quand même le corriger de ces absurdités. Pourquoi quand un joueur à déjà tous ces résultats sur une période de classement et que ces résultats lui permettent d’obtenir un meilleur classement (2 ou 3 niveaux au-dessus par exemple), pourquoi ne pas l’intégrer automatiquement à ce nouveau rang en cours de trimestre ? Si c’est réellement son niveau il y restera, sinon il redescendra et si il est encore meilleur que cela (sa moyenne étant une moyenne, son classement sera inférieur à ses meilleurs résultats), il poursuivra son ascension sans être obligé d’attendre de longs mois supplémentaires à hésiter à se déplacer pour perdre des points. Continuer à se déplacer, c’est aussi augmenter le nombre de participants au tournois, augmenter les recettes des associations organisatrices et les recettes des clubs hôtes.

Un dernier débat sur cet article de réouverture qui relève pour moi d’une incongruité du règlement. Tout d’abord, je précise que je ne vise strictement personne mais que je fais juste part d’un état de fait qui est pour moi ubuesque. Tu ne peux pas faire un championnat 4ème série si tu as été 2ème série ou 3ème série si tu as été 1ère série mais tu peux faire les championnats de France vétérans même si tu as eu une licence PSA, même si tu as été top 100 mondial, même si tu as été top 5 français. Si le 1er cas a été créé dans un but légitime d’équité sportive par rapport à de vrais joueurs 3ème série ou 2ème série, que doit-on penser du second cas ? Je dis ça je dis rien. J’ai ma libre pensée, ma libre expression, je ne me ferais peut-être pas que des amis mais ce n’est pas grave, je suis droit dans mes bottes et je dis ce que je pense.

D’autres sujets auraient pu être évoqués. On attendra de futures tribunes, de futurs articles pur lancer des sujets sur les modèles économiques de demain pour rentabiliser des clubs de squash, la recherche de sponsors et/ou de mécènes parmi les pratiquants de squash pour créer de vrais évènements comme nous ne avons de plus en plus en France, pourquoi le squash ne parvient-il pas à franchir les dernières marches de l’Olympe. Des sujets en « actions » et d’autres peut-être à réaction en fonction de l’actualité ou des sujets qui seront publiés sur le site.

Bonne lecture, bon squash, soyez heureux de courir après la petite balle, laissez-vous séduire par ses deux yeux jaunes malicieux.

Vive le squash, libre.

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5 Comments

  1. Violaine 4 avril 2016 at 10 h 56 min

    Très bon article qui malheureusement montre que loin de s’améliorer, la situation empire. Je voulais juste faire un commentaire sur le dernier point évoqué, la présence d’anciens pros sur le circuit vétéran.
    Je ne pense pas qu’on puisse comparer cela à l’interdiction faite aux anciens « bien » classés, d’aller concourir dans des catégories inférieures. Ces joueurs et joueuses ont bien l’âge requis et donc je trouve cela normal qu’ils puissent, s’ils ont toujours envie de participer, jouer sur le tournoi vétéran. Ils sont bien les meilleurs joueurs de leur catégorie d’âge.
    Si vous regardez le résultat du World masters, c’est Natalie Grainger (ancienne numéro 1 mondiale) qui truste la première place à chaque participation. Je vois plutôt ça comme une opportunité pour des joueurs et joueuses d’avoir la chance de rencontrer des adversaires de ce niveau.

  2. jean yves agricol 12 avril 2016 at 22 h 13 min

    Les anciens bien classés pourraient aussi concourir en catégorie inférieure si leur niveau le justifie. Le problème est le « faux » classement de certains anciens. Si les responsable de leurs clubs les assimilais à leur niveau cela ne poserait pas problème. Donc si un ex 1ère série à aujourd’hui un niveau de 2ème ou 3ème série (en raison de son âge ou d’une longue interruption dans la pratique), eh bien je ne vois pas pourquoi on le priverait de faire un championnat par rapport à un ancien niveau qu’il n’a plus. Pour les « vétérans » qui ont l’âge pour concourir, certes ils ont l’âge mais quelle gloire tire une Nathalie Grainger (ex n°3 mondiale et peut être mieux) d’être championne du monde vétérans. Sinon d’être chez les vieux ce qu’elle n’a pas pu être chez les « jeunes ». D’ailleurs vous remarquerez que ceux qui ont gagné jeunes ne participent pas chez les vieux !!!!!!

  3. girardeau fabrice 23 avril 2016 at 19 h 46 min

    Voici une autre proposition que je fais pour les tournois :

    Je vous écris ce mail en tant que passionné de squash. Mon message va dans le sens du développement et de la pérennité financière du squash en France.

    Au regard, des chiffres communiqués lors du C.D du 29 Novembre 2014 concernant les licences et qui ont peu évolués depuis, il apparaît une baisse surtout pour les licences Pass et qui dit baisse, dit aussi moindre rentrées financières.

    Je propose les solutions suivantes, viables, faciles à mettre en place et qui nécessite moins de travail pour les associations et clubs :

    – la licence à 48 euros pour 2016 sans remise au clubs, ni association car celà ne change par grand chose et celà permet d’avoir plus d’argent à la FFS pour le développpement du squash.

    – Passage de la licence Pass à 10 euros avec les mêmes avantages, pour la développer et je peux vous assurer qu’il est beaucoup plus facile pour un gérant de club, comme pour un membre d’association de « vendre » avec un compte rond.

    En échange, de la diminution du prix de la licence qui représente un coût de 7230 licences * 7 euros, soit environ 50.000 euros pour la FFS, celle-çi prendrait une « taxe » sur chaque tournoi organisé en France ( en dehors des manifestations prévues par la FFS comme les championnats de France, de Ligue,…).

    Pour la saison 2014/2015, la FFS a inscrit à son calendrier environ 560 tournois.
    Le barème serait un forfait de 100 euros pour tout tout tournoi dont la dotation en euros ou en lots est inférieure à 1000 euros, un forfait de 150 euros pour une dotation de 1000 à 2000 euros et un forfait de 200 euros au-delà. Même avec un forfait médian de 100 euros, la FFS serait gagnante ( si elle a le droit dans ses statuts de procéder ainsi) financièrement.

    Cette proposition a pour but de développer le squash avec l’idée d’encourager comme nous l’avons fait des joueurs en interne à Angers à prendre une licence suivant le précept : une licence, un joueur.
    L’autre idée, surtout auprès des clubs qui n’organisent pas de tournoi est de valoriser la compétition pour faire juste un tournoi dans son club afin de découvrir la compétition à un prix « raisonnable » pour basculer après peut-être vers une compétition fédérale.
    En effet à ce prix, il est plus facile de l’intégrer dans un abonnement ou une cotisation.

    Fabrice Girardeau

  4. jean yves agricol 1 mai 2016 at 18 h 02 min

    La ligue prend déjà 80 € par tournois d’un jour et 120 € pour un tournoi de 2 jours. Donc la « taxe » évoquée existe toujours.

  5. Le gros, le seul, l'unique 23 juillet 2016 at 23 h 02 min

    Adiou mon JY !

    Quelle surprise de voir que Squash Libre est de retour depuis un moment, que tu as ton propre blog et que je n’en savais rien

    Je partage ton avis au global sauf pour le cas des vétérans.
    Le principe de ces tournois est de voir qui est le ou la meilleure sur le seul critère limitatif de l’âge. Par définition, un excellent joueur (PSA par exemple) est dans son bon droit s’il participe et qu’il a l’âge requis. Il ne triche pas.

    Quel intérêt y trouve t’il ? Demande lui.
    Quel intérêt y trouvons nous ? Jouer contre des très bons.
    Ils sont trop forts. Bravo à eux, on avait qu’à se bouger le lard

    La bise.

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