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Les filles répondent favorablement à l’abaissement du tin.


Par Alex Wan, article issu du site SQUASHMAD.COM, traduction par Benoit Tricot

 

Il y a quelques mois, l’abaissement du tin de 19 pouces (environ 48 cm) à 17 pouces (environ 43 cm) pour les matchs féminins marquait une nouvelle étape dans la standardisation du sport entre les hommes et les femmes.  Alors que certains craignaient que cela ait pour effet de raccourcir la durée des matchs, il semble que cela ne soit pas le cas. 

 

En premier lieu, beaucoup s’attendaient à ce que cela favorise les joueuses plus offensives et notamment les Egyptiennes. Mais parmi les toutes meilleures joueuses, c’est bien Laura Massaro qui est en train de réaliser une superbe saison en ayant au passage récupéré la place de n°1 mondiale.

 

Dans une récente interview avec SquashMad, Laura révélait à quel point elle avait travaillé dur pour s’adapter à la fois aux exigences physiques et aux avantages amenés par les nouvelles dimensions du court. 

 

Je pensais que ce changement aurait avantagé Raneem El Wilily, qui avait détröné Nicol David au sommet du classement mondial, mais cela n’a pas été le cas. Elle n’a plus atteint la finale d’un tournoi depuis sa victoire à l’open de Chine en septembre. 

 

Au Qatar Classic elle s’est fait surprendre au premier tour par l’Indienne Joshna Chinappa. Elle a atteint la demi-finale à l’open de Honk-Kong mais a ensuite échoué au deuxième tour du Tournoi des Champions à New-York. Elle occupe désormais la troisième place du classement mondial, derrière Massaro et David.

 

Il est difficile de dire si ces derniers résultats sont dûs à l’abaissement du tin ou bien s’ils sont simplement le fruit d’une coïncidence.  En revanche, il est facile d’établir que la plupart des filles sont favorables à ce changement qui encourage les joueuses à employer un style de jeu plus offensif, rendant ainsi les matchs plus intéressants et plus attractifs pour les spectateurs. Bien entendu, en incitant les joueuses à jouer court, ou à tenter davantage d’armoties croisées par exemple, le risque de se faire punir le long du mur opposé augmente également.

 

À l’open de Macau, mi-septembre, où le tin de 17 pouces était utilisé pour la deuxième fois seulement, nous avons pu recueillir l’avis de quelques joueuses.

 

Joelle King, ancienne numéro 5 mondiale, et qui disputait là son troisième tournoi après une longue absence pour blessure, nous disait : « Cela va certainement rendre les choses plus intéressantes. Il y aura plus de coups d’attaque et les matchs seront plus agréables à regarder. Tout le monde finira bien par s’habituer à ce changement. Je n’ai pas de tin de 17 pouces avec lequel m’entraîner à la maison mais plus les joueuses joueront avec et plus elle s’y habitueront. La semaine dernière en Chine, je ne pense pas que cela ait joué sur la durée des matchs. »
L’Anglaise Alison Waters : « Pour l’instant j’apprécie ce changement. C’est certainement positif pour le jeu en général. Toutes les filles sont athlétiques et sont capables de bien bouger sur le court, donc je ne pense pas que ce soit un problème d’aller chercher des balles plus bas. »

 

Joey Chan, de Hong-Kong, avait un avis intéressant sur la durée des matchs qui, selon elle, devrait plutôt rallonger : « Je pense en fait que cela rallonge la durée des matchs. Beaucoup de coups qui auraient normalement fini dans le tin sont désormais valables et la balle reste en jeu. Cela fait aussi la promotion d’un style de jeu plus offensif donc, lorsque vous affronterez un adversaire doué techniquement, les matchs seront plus durs. »

 

L’Australienne Donna Urquhart : « Avant le changement, je pensais que ce n’était pas nécessaire. J’avais peur que cela ne raccourcisse les matchs.  Mais depuis que j’ai commencé à jouer avec le nouveau tin, peut-être que cela ne fait plus vraiment de différence. On remarque la différence de temps en temps mais il n’y a pas tant de fois que ça où j’ai dû m’étirer un peu plus pour aller chercher la balle. Je ne pense pas que cela fera donc une grande différence. »

 

L’Australienne Rachael Grinham, ancienne championne du monde et numéro 1 mondiale, ajoutait : « J’adore le nouveau tin ! Les coups d’attaque sont plus impressionnants et ce sera une bonne chose pour le squash féminin. Personnellement, j’espère qu’ils garderont le tin à 17 pouces à partir de maintenant. »

 

Tesni Evans, la numéro 1 galloise,  est conquise : « Je suis pour. C’est bien pour le squash féminin. Cela rend les coups visuellement plus impressionants. Cela va aider le développement du sport avec plus de coups d’attaque. Je pense que cela réduira la durée des matchs, mais ce n’était pas le cas la semaine dernière en Chine. Une fois que les joueuses auront ajusté leur jeu, les matchs seront plus courts.»

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L’Anglaise Victoria Lust : « On sent vraiment la différence, surtout sur les double-murs. Une fois que toutes les joueuses y seront habituées, il n’y aura pas de problème. Je pense que certains matchs seront plus courts. Aujourd’hui le squash féminin est à un bon niveau et cela pourrait le rendre encore plus attractif. »

 

Laura Massaro, ayant remporté son premier tournoi de la saison à Macau, réagissait après son premier tour contre l’Indienne Dipika Pallikal : « J’aime le nouveau tin. C’est le premier match de la saison et on ne sait pas vraiment comment les choses vont évoluer. Mais Dipika l’a très bien utilisé dans le premier jeu et j’ai commencé à mieux l’utiliser dans les deux jeux suivants. Il n’y a pas vraiment de différence en termes de durée, mais c’est bien pour la télé et pour les spectateurs. »

 

L’Indienne Dipika Pallikal ne savait pas encore quoi en penser : « C’était dur pour moi sur le court, d’être obligée de m’étirer un peu plus sur les fentes devant pour atteindre la balle. Pour le moment, je ne pense pas que j’aime ou que je n’aime pas. Je suis encore en train de m’y habituer »

 

Latasha Khan, une ancienne joueuse du top 20 ayant joué sur le circuit professionnel pendant plus de 23 ans : « Je pense que c’est une bonne chose. Cela prend du temps de s’y habituer et il faut simplement ajuster son jeu au fur et à mesure. C’est comme lorsque l’on a changé le scoring. Les coups sont plus impressionnants. »

 

La seule à ne pas être convaincue par le nouveau tin est l’Anglaise Emily Whitlock : « Je pense pas que ce soit la meilleure idée que la PSA ait eue. Les femmes sont plus petites et pas aussi puissantes et cela rend le court un peu plus grand. Je fais 1m62 ! Je ne vois pas en quoi ça améliore quoi que ce soit. »

 

Jenny Duncalf ajoutait, à la sortie de son match perdu contre Donna Urquhart : « Je n’ai pas vraiment aimé quand Donna a commencé à rentrer tous ses double-murs ! Mais j’apprécie le fait qu’il y ait plus d’échanges qui finissent par un coup gagnant plutôt que par une faute directe. Par contre, ça devient assez tentant de chercher le coup gagnant. »

 

Joshna Chinappa : « J’adore le nouveau tin. En fait c’est le premier match que je joue avec. C’est plus dur mais c’est une bonne chose pour le squash. »

 

La Malaisienne Low Wee Wern, qui était encore en phase de rééducation après une blessure, donnait également son avis : « Je n’ai pas encore eu l’occasion de jouer avec le nouveau tin mais j’ai hâte d’essayer. Je pense que les derniers résultats ont montré que les matchs sont plus compétitifs, les résultats moins prévisibles et c’est intéressant pour le sport. Je ne sais pas encore comment je vais réagir au changement mais je vous tiendrai au courant en temps voulu ! »

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